Ou l'épisode de l'attaque de la banque dans Mexicano.
Il doit être midi et la lumière blanche du soleil écrase le décor. Sous le poids inexorable de ses rayons les constructions humaines semblent se désagréger et devenir poussière. La vie humaine elle-même parait n'être qu'une brève étincelle dans cet océan implacable d'énergie brute.
Le héros est assis à l'ombre d'une mauvaise construction. Il n'est pas rasé, il porte un cache poussière, des bottes en cuir et un chapeau à bord droit qui souligne son regard.
Il boit du café ou autre chose. Il ne bouge presque pas. Il est incroyablement calme. Planté dans un angle de la scène d'un théâtre large comme le monde, c'est la statue d'un dieu grec dédiée à l'éternité.
Partout autour de lui vibre une violence symbolisée par la chaleur de l'astre. La banque est attaquée à la mitrailleuse. Le train arrive et déclenche la tuerie.
Imperturbable et sans aucun mouvement superflu, l'homme continue à siroter lentement son café.
On entend des accords de guitare espagnole, et un homme qui siffle.
La violence se déchaîne partout autour de lui mais il est assis dans un îlot de calme qui le protége.
Une attitude mentale qui vaut tous les gilets pare-balle.
- « Où est Paco ? Et le Pollack ? »
- « Ils sont en train de boire un café, espèce de con. »
Ici le solo de guitare du Concerto de Aranjuez.
