France 24 vient d'annoncer que l'OMS est passée en phase 5: pandémie imminente.
La peste du cochon menace l'Europe chrétienne.
On rigole. Nous connaissons tous les deux, pour avoir travaillé sur des épidémies graves, les règles de l' OMS.
" Tu te rappelles le choléra a Mogadiscio?"
"Ah oui, là, c'était sérieux. 200 morts en 3 jours, rien qu'au centre ville."
On voit bien, aux maigres info que filtrent les journalistes, qu'il y a là une grande manipulation.
Une pandémie sans maladie et sans victimes.
Mais rassurez-vous: le médicament est déjà prêt.
Les caméras s'aventurent dans un sous sol géré par l'armée.
Elles nous montrent l'immense stock de Tamiflu constitué à l'occasion de la précédente allerte, qui, déjà, n'avait fait aucune victime européenne.
Et puis, à ce moment, son télèphone sonne.
Il s'éloigne, engagé dans une conversation privée qui à l'air de le captiver.
Le revoilà. Il est transfiguré. La lumière de dieu l'a touché, semble-t-il.
"C'était Genève. Ils ont besoin de moi pour l'épidémie. Il faut que j'y aille.
"Quoi? Tu ne vas pas aller perdre ton temps là-bas?"
" Ah, tu sais. C'est une pandémie. C'est trés grave. Il y a déjà des cas en Europe.
L'OMS a besoin de moi."
Inconscient de sa cuistrerie, retournant sa veste d'un geste sans craindre le ridicule, le futur spécialiste de l'OMS commence alors à ergoter sur les mesures à prendre pour éviter la contagion ici-même.
Ici, où il n'y a jamais eu, et où il n'y aura probablement jamais, 1 seul cas de grippe mexicaine.
La nouvelle peur inventée par le spectacle qui régit nos vies.
