Les mains sanglantes du chairman

Les mains sanglantes du chairman
Jean-Pierre Bemba a été arrêté à Bruxelles par la police belge sur mandat de la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Centrafrique en 2002 et 2003.

L'adversaire malheureux de Kabila à la présidentielle de 2006, exilé depuis le désarmement forcé de sa garde rapprochée à Kinshasa au printemps 2007, préparait son retour en RDC. Il était était donné gagnant, le MLC se prévalant de plus de la moitié des quelque 145 députés et sénateurs d'opposition.

Malgré leur amertume, certains jeunes militants estiment que l'arrestation de Bemba peut être une chance pour l'ex-rébellion MLC, muée en parti politique en 2003 après la fin de la dernière guerre en RDC, de tourner enfin la page de sa jeunesse. Le MLC "tourne depuis un an sans Bemba. Il survivra. Mais ceux qui au pouvoir sabrent le champagne feraient bien d'être prudents", estime un journaliste pro-MLC, "parce que cette histoire montre bien que personne n'est à l'abri" (AFP).
Au MLC, les cadres sont conscients des risques d'une guerre de succession aux accents tribalistes: "François Muamba est assez légitime, mais il est du Kasaï. José Makila est de l'Equateur (comme Bemba dont il est parent) mais il est colérique et peu diplomate", soupire déjà l'un d'eux

Il n'en reste que le timing inquiète.
Pourquoi arrêter Bemba justement dans cette période charnière de la jeune démocratie?
L'équipe de Kabila a démontré les courtes limites de ses capacités à gérer le grand pays.
L'échéance des élections locales approche, elles seront la dernière étape pour équiper le pays d'un appareil démocratique complet.
Les citoyens congolais ont assimilé la leçon de démocratie de la présidentielle; cette fois ils vont pouvoir s'exprimer en pleine connaissance de cause. Le Congo a besoin pour ça d'une opposition structurée et cohérente.
Certes, Bemba est un grand gangster, mais il l'a toujours été, et il n'est pas le seul...

Pourquoi choisir ce moment pour l'arrêter?
Quel calcul politique se cache derrière cette mesure de justice?
Quel est la véritable monnaie de cet échange?
Les institutions des UN sont-elles oui ou non intrumentalisées, à la solde d'intérêts privés?

Ceci dit, il faut rappeler quand même que celui qu'on surnomme le chairman n'a jamais été un enfant de coeur, et le MLC historique ne ressemble pas vraiment à une colonie de vacances. Selon le mandat d'arrêt émis par la Cour, les hommes de Jean-Pierre Bemba « ont mené des attaques systématiques et généralisées contre la population civile et ont commis des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne et des pillages en République centrafricaine».

Le MLC etait alors un mouvement politico-militaire; il est intervenu en Centrafrique à l'appel du président Ange-Félix Patassé. Un millier de membres du MLC avaient contribué à mater un coup d'Etat contre lui. Ils avaient ensuite fait régner la terreur, tuant, pillant et surtout violant. «Le nombre élevé de viols commis par le MLC avec une brutalité sans nom est une caractéristique particulière de cette affaire», a relevé le procureur. Le MLC a «détruit en profondeur les structures de la société», a-t-il estimé. «Les femmes sont rejetées par leur familles et villages, elles rejettent elles-mêmes leur enfant nés d'un viol».

Jean-Pierre Bemba est accusé en qualité de supérieur hiérarchique. Il était « investi de l'autorité (...) pour prendre toutes les décisions tant sur le plan politique que militaire ». Le procureur du CPI Luis Moreno Ocampo a rappelé avoir rencontré les victimes, « celles qui ont survécu à la violence, celles qui ont survécu au sida. Nous ne pouvons effacer leurs blessures. Mais nous pouvons leur rendre justice. Les témoignages des victimes seront autant de preuves. Les victimes viendront raconter leur histoire à la Cour. Elles auront ce pouvoir ».

Ces faits se sont produits lors de ce qu'on a appelé la première guerre mondiale africaine.
A noter que les poursuites originellement initiées par la Centrafrique visaient non seulement Jean-Pierre Bemba, mais aussi le Français Paul Barril, ancien n°2 du GIGN ,qui était intervenu au Congo-Brazzaville à la tête d'une compagnie privée de sécurité.

Où est donc ce Barril maintenant? Que fait-il?

The hand of law is coming down.
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# Posté le mercredi 28 mai 2008 04:15

Modifié le vendredi 20 juin 2008 14:44

j'ai mal à la tête

j'ai mal à la tête

Le stress post-traumatique a ceci de particulier
que sur le coup, tu ne ressens presque rien.

Sous l'effet de l'adrénaline, tu fais ce qu'il faut pour t'en sortir,
pour régler la situation le plus rapidement et au moindre mal.

Ensuite, tu es plutôt content de t'être tiré d'un mauvais coup.

Ce n'est que plus tard,

longtemps après


parfois très longtemps



que les fantômes viennent te hanter

# Posté le jeudi 22 mai 2008 15:32

La diplomatie schizophrène, par Daniel Vernet

La diplomatie schizophrène, par Daniel Vernet
LE MONDE - 13.05.08

Pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy l'avait dit : les droits de l'homme seraient au centre de sa politique étrangère. Il l'avait répété dans son premier discours après son élection. Le nouveau chef de l'Etat voulait rompre avec ce qu'il considérait comme le réalisme mercantile de ses prédécesseurs. Les quelques intellectuels dont il s'était entouré et qui avaient suggéré cette "rupture" applaudissaient : fini le cynisme qui fermait les yeux sur les violations des droits de l'homme au nom de la souveraineté des Etats et des intérêts nationaux mal compris.

M. Sarkozy ne se contentait pas de déclarations. Il mettait en place une double commande diplomatique, à l'Elysée et au Quai d'Orsay, à même de concilier la gestion des relations classiques d'Etat à Etat et une nouvelle éthique internationale. A côté de diplomates chevronnés, habitués des négociations discrètes et spécialistes de la litote, Bernard Kouchner, flanqué de Rama Yade et, dans une moindre mesure, de Jean-Marie Bockel pour l'Afrique, incarnait cette ère. L'idéal était de cultiver les relations traditionnelles, y compris et surtout commerciales, et l'affirmation de principes que certains interlocuteurs peu scrupuleux mais néanmoins susceptibles supportent mal.

Un an plus tard, cette double démarche a sombré dans la schizophrénie. Le réalisme le plus cru l'a emporté dès la réception du colonel Khadafi à Paris, confirmé par les félicitations de M. Sarkozy à Vladimir Poutine, au lendemain des élections à la Douma où ce dernier n'était pas candidat, et souligné au-delà de toute décence par l'onction démocratique accordée au président tunisien, Ben Ali. Peut-être ne pouvait-on faire autrement si l'on voulait sortir les infirmières bulgares et le médecin palestinien des geôles libyennes (et vendre quelque matériel nucléaire), gagner la Russie à une politique de sanctions contre l'Iran ou obtenir l'appui de la Tunisie au projet d'Union pour la Méditerranée. Après tout, ces objectifs ne sont pas méprisables. De même, peut-il paraître souhaitable de ne pas isoler la Chine en stigmatisant sa politique au Tibet pour tenter de la convaincre que son intégration dans un monde globalisé comporte aussi des obligations de sa part.

Encore faudrait-il assumer ces objectifs, ne pas laisser le ministre des affaires étrangères prêcher dans le désert ou condamner la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme à un silence gêné après avoir sacrifié le secrétaire d'Etat à la coopération aux caprices du président Bongo. Comble de la confusion, le président de la République transforme les despotes en chantres de la démocratie. On peut se taire à propos de la Tunisie. Ce n'est pas glorieux, mais certains non-dits parlent d'eux-mêmes. Au contraire, M. Sarkozy s'est placé dans les pas de Jacques Chirac en présentant comme un parangon de vertu un président qui harcèle ses opposants et qui va tripatouiller la Constitution pour se faire élire pour la cinquième fois avec plus de 90 % des voix ! C'est ce que l'Elysée appelle "le cheminement vers la démocratie"...

Il n'est certes pas facile de mêler le respect des droits de l'homme à la défense des intérêts des Etats, ces "monstres froids", disait de Gaulle. Certains hommes d'Etat soutiennent que c'est inutile, voire dangereux. Mais l'heure est à l'ingérence démocratique. Alors, pour avoir une chance de réussir, il faut un minimum de constance dans les principes, une puissance suffisante pour impressionner des interlocuteurs sensibles aux rapports de force et une capacité à accepter quelques rebuffades politiques ou économiques. Le pire est la confusion et le mélange des genres.
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# Posté le mardi 13 mai 2008 16:45

où la belgique se prend les pieds dans le tapis...

où la belgique se prend les pieds dans le tapis...
Belgique: polémique autour du représentant auprès de l'Onu Pierre Chevalier
AFP 12 mai. 08
BRUXELLES - Pierre Chevalier, représentant spécial du gouvernement belge au conseil de sécurité de l'Onu, est au coeur d'une polémique en Belgique, où plusieurs partis politiques ont appelé samedi à sa démission.

Le quotidien néerlandophone Der Standard a révélé samedi que Pierre Chevalier avait été discrètement reconduit fin janvier au poste d'administrateur délégué du groupe belge Forrest, un acteur important du secteur minier en République démocratique du Congo (RDC).

Or Pierre Chevalier avait officiellement démissionné de ce poste en février 2007, un mois après sa désignation comme représentant de la Belgique auprès de l'Onu, à cause d'un risque de conflit d'intérêt.

Le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht voulait en effet utiliser le mandat de la Belgique au conseil de sécurité de l'Onu pour inscrire la gestion du secteur minier de RDC à l'agenda international.

"Cette situation est intenable", a dénoncé samedi Wouter Beke, le président par intérim des démocrates flamands du CD&V, cité par l'agence Belga.

Le vice-président du parti socialiste flamand sp.a, Dirk Van der Maelensp, a rappelé de son côté que M. Chevalier avait promis il y a un an de couper tous les liens avec le groupe Forrest.

Pierre Chevalier a d'ores et déjà été convoqué mardi par Karel De Gucht, initialement pour des éclaircissements sur une autre affaire, une inculpation pour blanchiment, faux en écriture et recel.

Cette affaire intervient alors qu'il y a quelques semaines, le ton était monté entre la Belgique et la RDC. Lors d'une visite à Kinshasa, Karel de Gucht avait dénoncé la corruption dans l'ancienne colonie belge, une leçon de morale peu appréciée par le président de la RDC, Joseph Kabila, qui avait demandé à Bruxelles de choisir entre un partenariat "adulte" et une "relation de maître à esclave".
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# Posté le lundi 12 mai 2008 16:49

chargeur vide

chargeur vide
Ne t'inquiète pas, on est toujours là. Le sniper ne meurre jamais.
A l'affût, le doigt sur la détente de l'arme semi-automatique.

Le chargeur est vide, voilà tout.

Ce n'est que temporaire.

Comme ta vie.











Au fait, où était donc le Che l'année où il n'était nulle part?

Cherche, cherche, cherche.

Et invenies.
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# Posté le mercredi 13 février 2008 13:04

Modifié le lundi 12 mai 2008 17:06

Le retour de l'enfant noir

Le retour de l’enfant noir
Il marche au milieu de la rue. Il est hagard, hébété. Visiblement en état de choc.
Il doit avoir 10 ans.

Une page me revient à l'esprit, une page de Marguerite Duras, dans l'Amant de la Chine du Nord.

La mendiante d'Asie.

Ce texte m'avait profondément marqué, touché au fond du c½ur. La mendiante d'Asie, cette femme magique et immortelle, en haillons, qui arpentait les routes du continent, traversait à pied la Mer de Chine et l'Océan Indien, cette femme misérable qu'on retrouvait, la même, les mêmes hardes, le même regard vide, sur les rivages opposés de l'Asie.

Ici c'est l'enfant des rues africain.
Il traverse à pied tout le continent noir.
On le retrouve, identique à lui-même, tout seul, presque nu, presque mort, immortel, à chaque bout de l'Afrique.

Il est torse nu, pied nu. Il porte une vieille loque de pantalon d'adulte, trop large, avec les jambes déchirées. C'est son seul vêtement. Il a un fil de fer serré à la taille en guise de ceinture. Il est très sale et parait encore plus noir.

Je viens de le dépasser, mais son apparition m'a frappé comme une gifle. Le texte de Duras se superpose à la scène comme un étrange sous titre pendant que j'observe la silhouette vacillante, écrasée de soleil, dans mon rétroviseur.
Il titube dans les nids de poules de la route kinoise défoncée. Il ne regarde pas où il va. Il marche sans but, il avance dans son rêve à lui, la seule chose qu'il possède sur cette terre.
Son rêve.

J'ai fait demi-tour. Je roule lentement à son niveau. Il ne me voit pas. Il ne voit rien de ce monde-ci. Ses yeux sont ouverts mais ce qu'il voit n'est pas ici.
Je l'appelle. Il a perdu la raison, ça se voit. Une multitude de drames et de terreurs s'est inscrite dans les traits sales et tirés de son petit visage.

Comme il ne me voit vraiment pas, je braque la voiture en travers de la chaussée, coupant sa route.
Il sent l'obstacle, lève la tête, ses yeux se fixent et il me voit.
Je lui tends un billet de 200 francs.

Son visage marqué s'éclaire soudain, comme un rideau qu'on tire d'un geste brusque devant une fenêtre ensoleillée, comme un nuage que le vent chasse, dévoilant le soleil.
Il sourit. Il lui manque des dents.
Il bredouille quelque chose, des remerciements, il me dit merci. C'est en dialecte, du lingala peut-être, je ne reconnais aucun mot, et puis c'est désarticulé. Il est en train de devenir fou, c'est clair. Mais il mourra certainement de misère bien avant. Il est si jeune.

Je suis reparti. J'ai roulé environ 500 mètres, et puis j'ai du m'arrêter. L'émotion était trop forte. Dans mon rétroviseur je l'ai vu qui regardait le billet. 200 francs.
Une misère. Qu'est-ce qu'on fait avec ça ?

On frappe à ma vitre. D'autres enfants des rues, une petite bande, m'ont repéré. Ils entourent la voiture. Je démarre, embraye doucement pour sortir de là avant que ça ne prenne une tournure trop compliquée.
Les enfants noirs s'ecartent pour laisser passer le gros pick up blanc.
Ils sont trois.

Ils sont des milliers.

# Posté le samedi 27 octobre 2007 12:28

Modifié le jeudi 24 septembre 2009 16:18

Nkunda Batware, la justice, et le peuple.

Nkunda Batware, la justice, et le peuple.
La rebellion tutsie banyamulenge n'est pas une tentative de prédation comme les autres.
C'est un mouvement politique armé qui se veut une réponse aux actes génocidaires et à la discrimination qui continuent a défigurer l'Est du pays et les discours des politiciens kinois.

La justice est rendue au nom du peuple.

Rien que ça.

On nous a dejà fait le coup non?

Le remède ne serait-il pas pire que le mal?

# Posté le samedi 27 octobre 2007 12:24

Modifié le samedi 18 octobre 2008 08:38