For all that misery?
There is no need to brother,
Everybody can see
(Armagiddon time – The Clash)
Sur les 60 millions de congolais, les 3 quarts, soit 45 millions de personnes, vivent sous le seuil de pauvreté fixé par la banque Mondiale avec moins d'un dollar par jour (0,75 Euros).
Bien sûr ils sont victimes de malnutrition et de toute sorte de maladies. L'espérance de vie est de 43 ans.
Dans la fonction publique, dont la police, les salaires de base sont inférieurs à 20 dollars par mois, c'est a dire bien en dessous du seuil de la Banque Mondiale.
Les hôpitaux sont ce qu'on appelait hôpital en Europe au Moyen Age : d'épouvantables mouroirs, incroyablement sales et sous-équipés.
Le taux de scolarisation à l'école primaire dépasse à peine les 50%. Seulement 3 enfants scolarisés sur 10 parviennent au secondaire. En guise de supplément gratuit, les filles les plus démunies y apprennent en cours du soir la prostitution occasionnelle.
A peine 20% de la population à accès à l'eau potable, et moins de 10% à l'électricité.
Voilà pour l'état des lieux. Que faut-il faire ?
Sous le règne de Mobutu, les fonds détournés par sa rapacité étaient tels que le montant de sa fortune personnelle était supérieur à la dette extérieure du pays... Il aurait pu rembourser la dette rien qu'avec ce qu'il volait à ses compatriotes!
En attendant, l'argent de Mobutu a disparu, mais la dette est toujours là.
Parlons clair... Le pays a suffisamment de ressources internes pour se remettre sur pieds sans aide financière de l'extérieur.
Entre 1970 et 1980 la compagnie nationale Gécamine, chargée des exploitations minières, constituait à elle seule 60% du revenu de l'Etat.
Elle a signé sous le gouvernement de transition 3 étranges contrats de « joint-venture » avec des multinationales.
Ces contrats léonins ont été attribués en fin de guerre civile, sans aucun appel d'offre international, au mépris de toutes les recommandations de la Banque Mondiale.
Il s'agit tout simplement d'une privatisation sauvage; les revenus miniers sont maintenant nuls.
Les pertes directes pour l'Etat congolais résultant du pillage des ressources naturelles, minérales et végétales, par des groupes étrangers ont été estimées à 10 milliards de dollars par une commission d'enquête parlementaire dont le rapport a été rendu public cette année.
La RDC est maintenant condamnée à vivre des apports extérieurs. Les aides constituent plus de 50% du budget de l'Etat, mais semblent pour la plupart disparaître dans les poches sans fonds des hauts fonctionnaires de Kinshasa. Pourtant ces mêmes personnes réclament à grands cris encore plus de fonds étrangers, voire un plan Marshall pour reconstruire la RDC...
Les nouveaux patrons de la république auront-ils l'envergure et le courage de véritables dirigeants d'une grande nation?
Les contrat léonins ont été négociés au détriment de l'Etat, en profitant de son délabrement, par des compagnies vampires dont les représentants signaient de la main droite en même temps que de la gauche ils entretenaient l'insécurité, fournissant des armes aux groupes rebelles.
On pourrait penser qu'il n'y a pas de loyauté à avoir envers des gens sans scrupules, qui n'ont pas hésité à spolier le peuple congolais.
Au nom des intérêts de l'Etat, les nouveaux chefs sauront-ils renégocier les contrats? En théorie ils en ont le pouvoir.
Au nom de la démocratie, au nom du peuple qui les a porté au pouvoir, sauront-ils utiliser les ressources pour le bien de la population exsangue et affamée, et non pas pour le luxe obscène, l'enrichissement d'une minuscule minorité de congolais, et finalement les intérêts d'actionnaires étrangers qui n'ont jamais mis les pieds au Congo?
(photo empruntee sur le blog de kim gjerstad: le gratte-ciel de la Gecamine sous l'orage a Kinshasa)

